
©Togo 24 – (Lomé, le 24 octobre 2026) – La situation politique au Sénégal suscite une vive inquiétude au-delà des frontières du pays de la Teranga. Dans une déclaration rendue publique le 24 octobre 2026 depuis Lomé, le Mouvement Martin Luther King, organisation panafricaine de défense des droits humains et de la souveraineté, dirigé par le Pasteur Edoh Komi, lance un alerte solennelle : la crise budgétaire actuelle à Dakar masque un enjeu géopolitique majeur pour l’ensemble du continent africain.
Une bataille budgétaire aux enjeux souverains
Au cœur de la tension se trouve le rejet de la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2026 par Ousmane Sonko, Président de l’Assemblée nationale et leader des députés PASTEF. Loin d’être un simple désaccord parlementaire ou une querelle interne, ce blocage met en lumière des choix économiques cruciaux imposés par le Fonds Monétaire International (FMI).
Pour se conformer aux exigences du FMI — qui exige un plafonnement des subventions à 1 % du PIB —, la LFR 2026 prévoyait des mesures drastiques :
- Une hausse des prix du carburant : une réduction de 30 % des subventions pétrolières (passant de 790 à 552 milliards FCFA), faisant grimper le litre de gasoil de 755 FCFA à 867 FCFA.
- Des coupes dans les budgets sociaux : une diminution directe des crédits alloués à l’éducation, à la formation professionnelle, à la famille et aux Bourses de Sécurité Familiale.
- Une baisse des investissements : une suppression de 555 milliards FCFA de crédits d’investissement publics.
Pour le MMLK, le diagnostic est clair : ce débat n’est pas une confrontation personnelle, mais bien un arbitrage entre la souveraineté du peuple sénégalais et le diktat des institutions financières internationales.
Le spectre de l’isolement des figures panafricaines
Le MMLK analyse cette situation comme une stratégie classique d’affaiblissement géopolitique. Selon l’organisation panafricaine, Ousmane Sonko incarne une ligne d’émancipation — opposée au pillage des ressources et favorable à la transformation locale — qui dérange les intérêts extérieurs.
« Les grands panafricanistes comme Patrice Lumumba, Thomas Sankara ou Muammar Kadhafi sont tombés parce qu’à un moment clé, ils ont manqué de soutien populaire et continental. Isolés, ils sont devenus vulnérables », rappelle la déclaration.
Tout en réaffirmant son respect envers le Président Bassirou Diomaye Faye, le MMLK met en garde contre la trajectoire actuelle du pouvoir exécutif. En confiant le gouvernement à une orientation alignée sur les exigences du FMI, l’organisation estime que le pouvoir s’éloigne des engagements de l’Agenda National de Transformation plébiscité par les électeurs en mars 2024.
Un appel à la solidarité continentale
Pour le Pasteur Edoh Komi et le MMLK, le Sénégal sert aujourd’hui de « laboratoire » pour toute l’Afrique de l’Ouest. Accepter les coupes budgétaires et la hausse du coût de la vie à Dakar ouvrirait la voie à des mesures similaires dans d’autres capitales de la région.
Face à ce qu’il qualifie de combat pour la souveraineté africaine, le MMLK appelle la jeunesse sénégalaise, la diaspora, les syndicats et les organisations citoyennes de toute la sous-région (Togo, Mali, Burkina Faso, Niger, Bénin, Guinée) à se mobiliser activement.
Le message final du mouvement est sans équivoque : refuser l’austérité imposée de l’extérieur est un devoir collectif pour préserver l’avenir économique et la dignité de l’Afrique.
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La rédaction
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