
©️Togo 24 – (Kpalimé, le 24 septembre 2026) – Dans le cadre de ses activités liées au genre et à la prévention de la torture, la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), agissant en qualité de Mécanisme National de Prévention de la torture (MNP), a organisé le 24 septembre 2026 à Kpalimé (environ 120 km au Nord de Lomé) dans la commune de Kloto 1, une session de formation et d’échanges à la prison civile de la ville. Axée sur les règles de Bangkok et la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) en milieu carcéral, cette initiative vise à améliorer concrètement les conditions de détention des femmes et à prévenir les violences basées sur le genre en milieu carcéral.
Animée par Mme ATITSO Afi, Commissaire à la CNDH et membre du MNP, la rencontre s’est déroulée en présence de M. DJANDJO Ismaël, Directeur de la Prévention de la torture, et de Mme MADJI Baembahen, Administrateur de la prison civile de Kpalimé. L’activité a réuni au total 28 participants, dont 20 agents de l’administration pénitentiaire et surveillants, ainsi qu’une dizaine de femmes détenues.
Adoptees par lAssemblee generale des Nations Unies en 2010, les Règles de Bangkok: Règles des Nations Unies pour le traitement des femmes détenues et des mesures non privatives de liberté aux délinquantes offrent un cadre normatif essentiel pour la déjudiciarisation des infractions commises par les femmes en prenant en compte le passé de victime de nombre d’entre elles et leurs responsabilités en tant que dispensatrices de soins. Elles garantissent également que les besoins spécifiques des femmes privées de cette liberté soient pris en compte dans les politiques pénitentiaires et judiciaires. Par ailleurs, elles recommandent spécifiquement la prévention des violences basées sur le genre (VBG) et la mise en place de mécanismes de protection efficaces des femmes privées de liberté.

Un cadre normatif adapté aux spécificités des femmes détenues
S’exprimant lors de la cérémonie d’ouverture, la commissaire ATITSO Afi a rappelé l’objectif fondamental de cette mission : sensibiliser les acteurs carcéraux aux normes internationales établies par les Nations Unies pour le traitement des détenues.
« Ces règles édictent des mesures particulières en faveur des femmes, en raison de leurs spécificités liées à leur sexe, ce qui oblige l’administration pénitentiaire et les surveillants à avoir un regard particulier et spécifique par rapport à leur traitement », a-t-elle souligné.
Elle a mis en avant la grande vulnérabilité psychologique et physique des femmes en détention. En plus des risques d’agressions ou de mauvais traitements, ces dernières portent souvent une charge mentale lourde liée aux responsabilités familiales laissées à l’extérieur (enfants, conjoints, parents âgés).
Mme ATITSO a ainsi appelé le personnel carcéral à faire preuve de davantage d’empathie, afin d’éviter tout traumatisme supplémentaire susceptible de nuire à leur future réinsertion.

Échanges confidentiels et sensibilisation pratique
La journée a été structurée en deux phases distinctes :
Un entretien en intimité avec les détenues : Organisé hors de la présence des surveillants et des administrateurs, cet échange a permis aux femmes de s’exprimer en toute franchise sur leurs conditions de vie, la préservation de leurs droits et l’application des règles de protection.
Elles ont également été sensibilisées aux règles d’hygiène et de salubrité au sein de l’établissement.
Une session de formation pour le personnel pénitentiaire : Ce volet a permis de rappeler aux surveillants les mécanismes de prévention des VBG, le respect du droit de visite de la famille – essentiel à la stabilité des détenues – et les normes de traitement applicables dans le respect de la dignité humaine.
Pour rappel, ce projet répond à l’exigence de la Règle 70 des Règles de Bangkok tendant à la sensibilisation et à la formation des acteurs de la chaîne pénale et s’inscrit dans la réalisation des activités genres de la CNDH
À travers cette démarche, la CNDH réaffirme son engagement à accompagner l’administration pénitentiaire togolaise dans la modernisation de ses pratiques et l’alignement sur les standards internationaux en matière de droits humains.
Mensah ASSOGBAGUE
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