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Bénin : Le MMLK salue l’alternance mais appelle à un sursaut démocratique et diplomatique

©️Togo 24 – (Lomé, le 14 avril 2026) – A la suite du scrutin présidentiel du dimanche 12 avril au Bénin, l’ex-ministre des Finances Romuald Wadagni a été élu pour succéder à Patrice Talon après ses deux quinquennats. Le nouveau président a obtenu plus de 94% des votes lors de l’élection où la participation s’est élevée à 58,75%, selon la Commission électorale nationale indépendante (Cena).
Au lendemain de ce scrutin, le Mouvement Martin Luther King (MMLK), une association togolaise de défense des droits de l’homme, présidé par le Pasteur Edoh Komi, a publié un communiqué officiel dressant un bilan contrasté de la situation politique au Bénin.

Entre satisfaction pour le respect des mandats et inquiétudes sur le verrouillage électoral, l’organisation de défense des droits de l’homme appelle à une nouvelle ère de dialogue.

​L’alternance au pouvoir : Un acquis préservé

​Le MMLK a tenu, en premier lieu, à féliciter le respect de la limitation des mandats constitutionnels. En ne briguant pas un troisième mandat, le président sortant Patrice Talon a permis une alternance effective à la tête de l’État.

​« C’est un signal important pour l’Afrique. Le Bénin préserve là un principe cardinal de la démocratie », souligne le communiqué.

​Pour le mouvement, cet acte de retrait honore la tradition démocratique née de la Conférence Nationale de 1990, faisant du Bénin un exemple de stabilité institutionnelle dans une région parfois tourmentée par les révisions constitutionnelles opportunistes.

​Les ombres au tableau : Pluralisme en berne et coût de l’élection

​Malgré cette alternance, le MMLK pointe du doigt un recul préoccupant du pluralisme politique. L’élection du 12 avril 2026 est qualifiée par certains observateurs de « non-événement » en raison de l’absence des figures historiques de l’opposition. Le mouvement identifie deux obstacles majeurs à l’inclusion :
​Le système de parrainage : Un filtre qui écarte de facto les candidats non alignés sur la majorité parlementaire.
​La caution financière : Fixée à 250 millions FCFA, elle constitue, selon le MMLK, une barrière financière élitiste.

​Le résultat — un taux de participation de 58,7 % dans un climat sans réelle confrontation de projets — témoigne,
selon le Pasteur Edoh Komi, d’une démocratie qui « mérite d’être renforcée ».

​Le défi régional : Normaliser les rapports avec l’AES

​L’autre volet majeur de cette intervention concerne la géopolitique régionale. Le MMLK déplore la dégradation des relations entre Porto-Novo et les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Mali, Burkina Faso et Niger.

​Face aux tensions diplomatiques et aux fermetures de frontières qui pénalisent les populations et l’intégration ouest-africaine, le MMLK exhorte le nouveau président élu à :
​Relancer le dialogue direct avec les autorités de Bamako, Ouagadougou et Niamey.
​Privilégier la diplomatie aux mesures de force, rappelant que la sécurité du Sahel et celle du Golfe de Guinée sont intrinsèquement liées.

​L’appel du MMLK : Vers 2031 et la solidarité africaine

​A cet effet, le mouvement lance un double appel pour l’avenir : une révision profonde du code électoral pour garantir des élections compétitives en 2031, et une réouverture franche vers les voisins sahéliens.

​Citant le Dr Martin Luther King, le Pasteur Edoh Komi rappelle l’urgence de l’unité : « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous périrons ensemble comme des fous. » Le MMLK invite désormais la CEDEAO et l’Union Africaine à accompagner le Bénin sur cette voie, dans le respect de sa souveraineté.

 

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