©️Togo 24 – (Kpalimé, le 9 juin 2026) – L’annonce a plongé la ville de Kpalimé et l’ensemble du monde éducatif togolais dans la plus profonde consternation. Le dimanche 7 juin 2026, au quartier Agogomé, à côté de la prison civile de la commune de Kloto 1, Noëllie Akou Betevi, une jeune fille âgée de 22 ans, a mis fin à ses jours par pendaison. Ce geste irréversible est survenu immédiatement après la publication des résultats en ligne de l’examen du BAC I (Probatoire), session de juin 2026, confirmant son ajournement pour la deuxième année consécutive.
Inhumée dès le lendemain, lundi 8 juin, à Gape dans la préfecture de Zio, la défunte laisse derrière elle une communauté sous le choc et une multitude d’interrogations. Orpheline de père, dont la mère biologique réside à Lomé, Noëllie vivait sous la tutelle de sa tante, Betevi Akou, Reine mère du quartier Avuzekomé. Alors que les commentaires s’intensifient sur les réseaux sociaux et dans les médias nationaux, une équipe de reportage de Togo 24 s’est rendue ce mardi du 9 juin 2026 dans l’après-midi, au domicile familial afin de recueillir des témoignages directs et d’élucider les circonstances exactes de cette tragédie.
Le déclic du dimanche 7 juin : la sentence des résultats numériques
Au sein de la demeure familiale, l’atmosphère de ce dimanche après-midi était doublement lourde. Noëllie partageait son quotidien avec son cousin Geoffroid, lui aussi candidat malheureux au Probatoire cette année. C’est ce dernier qui a retracé avec précision les minutes ayant précédé le drame. Noëllie possédait un téléphone Android, mais celui-ci étant en panne, c’est Geoffroid qui a consulté via son téléphone android les canaux digitaux officiels mis en place par le gouvernement.
Entre 15H00 et 15h30, installés sur la grande terrasse de la maison, le verdict tombe : Geoffroid constate d’abord son propre échec. Dans la foulée, il vérifie le numéro de Noëllie. Le résultat est identique : elle est de nouveau ajournée. Il affirme avoir également consulté les résultats de la plupart de leur de ses camarades de classes. Face à cette seconde désillusion successive, le groupe familial présent s’est déplacé vers la devanture de la concession pour digérer la nouvelle. C’est à ce moment précis que Noëllie s’est isolée en entrant seule dans sa chambre.
Un profil psychologique marqué par l’introversion
Au-delà de la déception scolaire, les proches de Noëllie décrivent une jeune fille particulièrement introvertie, réservée et peu encline à extérioriser ses sentiments ou ses frustrations. Ce tempérament calme et secret a profondément pesé dans l’analyse de son état d’esprit par son entourage immédiat au moment des faits. En intériorisant complètement sa souffrance et le poids de ce second échec, Noëllie n’a laissé transparaître aucun signe d’alerte ni aucun appel à l’aide, masquant la terrible tempête émotionnelle qui la submergeait.
La macabre découverte : le récit bouleversant de la tante Immaculée
Immaculée, l’une des tantes de la jeune fille, s’est confiée à Togo 24 avec une vive émotion. « Lorsqu’elle s’est retirée, nous pensions de bonne foi qu’elle allait simplement pleurer sa déception dans l’intimité de sa chambre, tout comme elle l’avait fait l’année dernière lors de son premier échec », explique-t-elle. L’inquiétude n’était donc pas immédiate.
C’est entre 15h30 et 16h00 qu’Immaculée a pénétré à son tour dans la pièce pour y faire quelque chose. Dans la pénombre, elle a d’abord heurté une masse suspendue. Réalisant l’effroyable réalité, elle s’est retrouvée face au corps inanimé de Noëllie, pendu à l’aide d’une corde. Les cris de détresse de la tante ont immédiatement alerté les frères, les sœurs et la mère, qui n’ont pu que constater le décès de la jeune fille. La rapidité du passage à l’acte témoigne de la violence du choc psychologique subi par la victime.
Le démenti formel de l’oncle, M. BETEVI, Directeur de l’Institut ENVOL
Pour couper court aux spéculations fallacieuses, M. BETEVI, Directeur de l’Institut ENVOL de Kpalimé et oncle de Noellie, a tenu à s’exprimer officiellement. Il dément catégoriquement et de manière formelle les rumeurs persistantes selon lesquelles sa nièce aurait ingéré des médicaments pour se suicider, réaffirmant que la cause du décès est uniquement liée à la pendaison constatée. Il a confié à Togo 24, qu’il a quitté la maison de sa petite soeur ce dimacje peu avant 15H et c’est quelques minutes plutard qu’on l’a appelé pour lui annoncer la mauvaise nouvelle.
M. BETEVI a précisé qu’après le décès du père de Noëllie, ainsi que la perte tragique d’une de leurs tantes chez qui la jeune fille s’était installée pour poursuivre sa scolarité, la famille s’est massivement mobilisée. L’oncle affirme avoir personnellement et constamment soutenu, accompagné et fortifié Noëllie sur les plans moral et psychologique tout au long de son cursus scolaire pour l’aider à surmonter ces épreuves de la vie
Les révélations de l’élément audio : la version de la Reine mère Betevi Akou
Au-delà de la douleur immédiate liée à l’échec scolaire, l’enregistrement audio exclusif de Betevi Akou, Reine mère de Avuzekome et tutrice légale de Noëllie, apporte un éclairage crucial et complexe sur l’arrière-plan de cette affaire. Dans cet élément sonore, la tutrice rejette vigoureusement certaines rumeurs circulant dans la ville et sur les réseaux sociaux, qui accusaient la famille d’avoir exercé des violences verbales ou des pressions excessives sur la jeune fille après l’annonce des résultats. Elle a déclaré qu’elle était partie à une cérémonie funéraire à Gapé dans la préfeture de Zio depuis vendredi evec son petit frère M. BETEVI (Directeur de l’Institut ENVOL) de Kpalimé et que c’est le dimache 7 juin qu’ils étaient de retour à Kpalimé.
Contacté par la rédaction de Togo 24, M. BETEVI a corrobé la version de sa grande soeur, Betevi Akou. Le Directeur de l’Institut ENVOL a ajouté qu’ils revenaient à Kpalimé aux environs de 14H30.
La Reine mère Betevi Akou insiste avec force sur le fait qu’aucune réprimande n’a été formulée à l’encontre de Noëllie le jour du drame : « Personne ne l’a disputée, personne ne lui a fait de reproches ». Une déclaration confirmée et soutenue par Immaculee et Geoffroid.
À la suite du drame, les autorités locales, les forces de l’ordre ainsi que les équipes de la municipalité se sont déplacées sur les lieux pour exprimer leurs condoléances et procéder aux constatations d’usage. La Reine mère a également déploré la propagation de fausses informations visant la cellule familiale, réaffirmant qu’en tant que garante de la tradition et mère protectrice dans le quartier, elle avait toujours soutenu sa nièce dans ses ambitions d’études malgré ses difficultés récurrentes.
Un système face à la détresse de sa jeunesse
Ce drame soulève une nouvelle fois la question de la prise en charge psychologique des candidats aux examens nationaux au Togo. La transition vers la publication instantanée et individualisée des résultats sur les plateformes numériques, bien qu’efficace sur le plan technique, isole parfois les élèves face à l’échec, loin de la cellule de soutien que pouvait constituer l’enceinte scolaire ou le groupe de camarades.
La communauté d’Agogomé, profondément meurtrie, appelle désormais à une prise de conscience collective sur la fragilité des jeunes apprenants et sur la nécessité d’instaurer des cellules d’écoute et d’accompagnement psychologique en amont et en aval des examens officiels, pour que plus jamais un échec académique ne se transforme en sentence de mort.
Mensah ASSOGBAGUE
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