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Togo : Mensah Assogbague, le Directeur de Togo 24 Group, victime de menaces récurrentes lors des enquêtes locales

©️Togo 24 – (Kpalimé, le 8 juillet 2026) – ​Visé par des pressions continues, des intimidations et une lourde condamnation financière depuis sa révélation d’un scandale financier en 2022 à Kpalimé, le journaliste d’investigation Mensah Assogbague continue de défendre le contrôle citoyen de l’action publique en dépit des risques pour sa sécurité.

Exercer le journalisme d’investigation au niveau local au Togo s’apparente de plus en plus à un parcours du combattant. Depuis près de quatre ans, Mensah Assogbague, Directeur général du groupe de presse privé Togo 24 Group (qui édite les sites Togo 24 et Jeune Togo), est la cible de menaces systématiques dans l’exercice de ses fonctions. Un harcèlement qui illustre les défis persistants auxquels font face les professionnels des médias engagés dans la gouvernance locale.

​L’affaire de la cascade de Womè : l’élément déclencheur

​Tout bascule à la mi-juillet 2022. Le média publie une enquête exclusive dénonçant des irrégularités flagrantes dans la gestion des recettes (vente de tickets et collecte de taxes) sur le site touristique de la cascade de Womè, située dans la commune de Kloto 1 (environ 12 km de Kpalimé).
​Les retombées de cette publication ne se sont pas fait attendre. Le journaliste a subi une garde à vue de quarante-huit heures, relâché le troisième jour, avant d’être poursuivi en justice quelques mois plus tard.

À l’issue d’un procès qualifié de « règlement de comptes » par sa rédaction, le professionnel des médias a été condamné à une amende astronomique d’environ 253 millions de francs CFA. Il avait interjeté appel et l’affaire est toujours pendante à la Cour d’Appel de Lomé.

​Loin d’être un cas isolé, cette affaire s’inscrit dans une série d’investigations menées par le journaliste sur la gestion administrative, financière et foncière de certaines communes du Togo en général et en particulier celles de Kloto 1, Kloto 2 et Kloto 3.

​Un quotidien rythmé par l’insécurité

​Depuis cette condamnation, et même bien avant (2020 jusqu’à aujourd’hui) le traitement réservé  par certaines autorités locales à Mensah Assogbague a pris une tournure inquiétante : abus de pouvoir, pressions politiques et institutionnelles, intimidations verbales, et même tentatives d’assassinat.

Face à l’imminence du danger, le directeur de publication a été contraint, début 2023, de quitter Kpalimé pour s’installer à Lomé afin de se mettre à l’abri. Il vit désormais à cheval entre la capitale et la préfecture de Kloto.

​La pression n’a pas faibli pour autant. Il y a tout juste trois semaines, une autorité locale d’une commune de la préfecture de Kloto lui a fait parvenir, par personne interposée, un nouvel « avertissement » formel et de façon répétée. 

​Cette dernière menace coïncide avec une nouvelle enquête d’envergure entamée il y a un mois par la rédaction de Togo 24 Group. L’investigation porte sur l’abattage, l’exploitation et la production opaque de planches issues de deux arbres tombés suite à des intempéries dans la forêt classée de Missahhoe (commune de Kloto 3).

« Nous sommes en train de boucler ces investigations et nous tiendrons l’opinion informée très bientôt », prévient le journaliste.

​Le droit pour bouclier : un appel à la liberté d’informer

​Malgré un environnement hostile, la rédaction de Togo 24 Group refuse de céder à la censure. Mensah Assogbague rappelle que son action s’inscrit strictement dans le cadre des lois de la République.

​« En plus de notre mission régalienne d’informer, d’éduquer et de divertir, nos médias jouent un rôle essentiel dans la promotion du contrôle citoyen de l’action publique. La Constitution de la Vᵉ République, le Code de la presse et de la communication, la loi sur la décentralisation ainsi que celle sur l’accès à l’information nous donnent les outils nécessaires pour exercer en toute liberté. Laissez-nous faire notre travail avec impartialité et indépendance. », a-t-il précisé.

​Cette situation relance le débat sur la protection des journalistes d’investigation à l’intérieur du pays, souvent plus exposés aux abus de pouvoir des autorités locales que leurs confrères de la capitale. En dépit de l’arsenal juridique existant, l’application effective de la liberté de la presse reste un combat quotidien pour les médias indépendants togolais.

​À propos de Togo 24 Group

​Société de presse, d’actualité et de publicité,  dont le siège se trouve à Kpalimé, Togo 24 Group est une entreprise médiatique privée et indépendante. Elle édite les journaux d’investigation en ligne Togo 24 et Jeune Togo. Spécialisé dans la collecte, le recoupement minutieux des faits et l’analyse de l’information locale et internationale, le groupe propose également des services de couverture médiatique, d’espaces publicitaires et de publi-reportages aux annonceurs et partenaires.

 

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