La Une

Lutte contre le mariage précoce et les MGF au Togo : des leaders communautaires au cœur de la stratégie

©️Togo 24 – (Kpalimé, le 10 septembre 2025) – Le Togo, confronté à la persistance du mariage précoce et des mutilations génitales féminines (MGF), redouble d’efforts pour éradiquer ces pratiques néfastes. En dépit d’un cadre législatif solide, ces fléaux continuent d’affecter des milliers de femmes et de filles, en particulier dans les zones rurales. Pour y remédier, une série d’ateliers de renforcement des capacités a été initiée par le ministère de l’Action Sociale de la Solidarité et de la Promotion de la Femme (MASSPF), avec l’appui de la Coopération allemande à travers le projet DeZon de la GIZ, financé par le Ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement (BMZ).

Le projet DeZon qui s’inscrit dans un effort pour la promotion de l’égalité de genres et la lutte contre les violences basées sur le genre au Togo vise à transformer les leaders communautaires en agents de changement.

L’étape de la région des Plateaux Ouest s’est déroulée du 9 au 10 septembre 2025 à Kpalimé.

​Un cadre juridique solide, mais des pratiques qui persistent

​Le Togo a ratifié plusieurs conventions internationales et mis en place des lois nationales pour protéger les droits des femmes et des filles. Parmi ces textes, la loi n° 98-016 de 1998 interdisant les MGF et la ratification du Protocole de Maputo en 2005 sont des engagements forts. De plus, les récentes réformes du Code des personnes et de la famille et du Code pénal ont renforcé l’arsenal juridique contre ces violences. Malgré ces efforts, les statistiques demeurent alarmantes. Selon l’UNICEF, près de 31 % des femmes togolaises sont mariées avant l’âge de 18 ans, un chiffre qui monte à 41,4 % dans la région des Savanes (MICS 2017). Les MGF, bien que moins fréquentes, persistent également, avec une prévalence de 3,1 % au niveau national, et un pic de 13,5 % dans la région Centrale.

 

​Un renforcement des capacités ciblées pour un impact durable

​Les ateliers, qui se tiennent de juillet à septembre 2025 à travers le pays, ciblent des acteurs clés de la communauté : les chefs cantons, leaders religieux, responsables d’organisations de la société civile (OSC) et acteurs des maisons de justice. L’objectif est de leur fournir les outils nécessaires pour mieux comprendre les conséquences sanitaires, psychologiques et socio-économiques du mariage précoce et des MGF, et de les former sur le cadre juridique existant ainsi que les impacts socio-économiques sur les victimes, la société civile et leurs rôles et responsabilités pour une implication effective et plus efficace dans la lutte contre ces phénomènes.

​A Kpalimé, les leaders communautaires ont suivi des présentations portant sur cinq modules, notamment : Compréhension des concepts (définition, typologie des MGF et mariage précoce), le Cadre juridique international et national, les Conséquences et impacts (sanitaires, psychologiques, sociaux et économiques), les rôles des acteurs communautaires et techniques de communication sensible et les approches communautaires participatives et élaboration de plans d’action.

L’initiative cherche à clarifier les rôles et les responsabilités de chacun, en vue de l’élaboration de stratégies communautaires pour un abandon durable de ces pratiques.

​Des participants mobilisés et engagés

​À l’issue de l’atelier de Kpalimé, les participants ont exprimé leur satisfaction et leur détermination.

​Pasteur Awuh name Kossi Mawiena, de l’église des Assemblées de Dieu, a salué la pertinence de la formation : « Cet atelier est très important parce que c’est un aspect qui n’est pas souvent abordé. J’ai beaucoup appris de nouvelles choses qui vont renforcer ma capacité pour lutter contre ce fléau », a-t-il indiqué.

Il a souligné son intention de restituer les connaissances acquises à ses collègues pasteurs et d’initier des actions de sensibilisation au sein de sa congrégation et de son quartier.

​De son côté, Mama MESEKO ADZINO II, Reine mère de YIKPA DAFO, a mis l’accent sur l’importance des plans d’action élaborés lors de l’atelier. « Ce qui est intéressant, nous avons à la fin de cet atelier dégagé des plans d’actions et au retour dans nos structures respectives, nous allons mettre en application ces plans d’actions afin de mieux accentuer la sensibilisation dans nos différentes communautés », a-t-elle déclaré.

Elle a également précisé que ces plans ont été conçus pour mieux cibler les efforts de sensibilisation et ainsi accélérer la lutte contre ces phénomènes.

​Ces témoignages montrent que les participants sont prêts à devenir des relais de changement dans leurs communautés. En renforçant le rôle des acteurs locaux, le Togo se dote d’une stratégie plus participative et plus efficace pour défendre les droits des femmes et des filles et mettre un terme au mariage précoce et aux MGF.

 

Mensah ASSOGBAGUE
#Togo 24, le Pari du Professionnalisme
Cel : +228 90 80 89 89 / 99 31 31 08
E-mail : infotogo24@gmail.com
Site web : www.togo24.tg

Togo 24

Togo 24 est un Journal d'investigation, d'analyse et de publicité. Reprtage, couverture médiatique, publicité, publi-reportage, insertion publicitaire Contacts : +228 90 80 89 89 / 99 31 31 08 E-mail : infotogo24@gmail.com, Lomé - Togo

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page

Ceci fermera dans 0 secondes