
©️Togo 24 – (Lomé, le 15 mai 2026) – Le 28 mai prochain, la capitale togolaise accueillera la Convention de la Renaissance Africaine, organisée par l’IPRA. Plus qu’une simple rencontre diplomatique, cet événement se veut le point de bascule entre une indépendance « nominale » héritée de 1960 et une souveraineté réelle, portée par une jeunesse éduquée et une mémoire réhabilitée.
Entretien et analyse sur les enjeux d’un sommet qui entend marquer l’histoire.
Le rendez-vous est pris : le 28 mai 2026. À cette date, Lomé deviendra, selon les vœux de l’Institut Panafricain de Réflexion et d’Action (IPRA), la « capitale de la Renaissance africaine ». Porté par le Pasteur Edoh Komi, figure de proue du MMLK et de l’IPRA, cet événement entend briser un cycle de dépendance qui dure depuis la tristement célèbre conférence de Berlin en 1885.
De la mémoire passive à la souveraineté agissante
Le défi conceptuel de cette convention est de taille : rompre avec l’idée que l’indépendance est un acquis définitif datant de 1960. Pour l’IPRA, le système actuel reste une « dépendance structurelle » où l’Afrique demeure liée économiquement et intellectuellement à ses anciens tuteurs. L’enjeu de cette rencontre est de transformer la Renaissance africaine, trop longtemps restée un slogan, en un acte de « désengagement intellectuel ».
La mémoire comme arme politique
« Celui qui contrôle la mémoire contrôle le futur », affirme l’organisation. La réhabilitation de l’histoire africaine n’est pas ici vue comme une démarche muséale, mais comme un levier politique de premier plan. En redonnant aux peuples leurs héros et leurs récits de résistance précoloniaux, l’IPRA souhaite restaurer une dignité indispensable pour contester les accords économiques et monétaires jugés léonins. Sans cette reconquête de l’estime de soi, aucune rupture réelle avec la dépendance ne semble possible.
L’éducation citoyenne : passer du « devoir » au « pouvoir » de mémoire
L’une des innovations majeures de ce projet réside dans la transition du simple « devoir de mémoire » vers une « éducation citoyenne active ». L’objectif est clair : transformer le savoir historique en compétences civiques concrètes.
« Une jeunesse qui connaît Berlin 1885 ne signera pas les mêmes accords qu’une jeunesse qui l’ignore », souligne le Pasteur Edoh Komi. Il s’agit d’apprendre aux nouvelles générations à lire les budgets, à décrypter les traités et à questionner les partenariats internationaux.
Sortir de l’indépendance « nominale »
Le thème de la conférence pointe du doigt l’indépendance « nominale » : une souveraineté de façade (drapeaux, sièges à l’ONU) qui masque une absence de contrôle sur les leviers réels que sont la monnaie, l’industrie et l’éducation. Pour favoriser un développement endogène, l’Afrique doit cesser d’exporter ses matières brutes pour importer des produits finis. La convention de Lomé se propose de tracer la voie vers une transformation locale et une défense intellectuelle autonome.
« Lomé signe l’acte de décès de Berlin 1885 »
Face aux critiques et au pessimisme, le Pasteur Edoh Komi reste inflexible. S’appuyant sur son ouvrage « Une autre Afrique est possible » (2010), il appelle les 1,4 milliard d’Africains à l’action. Pour lui, le combat ne meurt que si l’on renonce à l’intérieur de soi.
Le 28 mai 2026 ne sera pas un sommet de plus, mais une déclaration de rupture. En se réunissant à Lomé, les participants entendent symboliquement enterrer les frontières mentales et structurelles héritées du XIXe siècle pour ouvrir l’ère de la véritable indépendance.
La rédaction
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