
©️Togo 24 – (Agome Kpodzi, le 24 juin 2026) — Les municipalités de la préfecture de Kloto se mobilisent en faveur de la scolarisation des filles. À l’invitation de l’ONG Femme De Demain (FDD), les conseillers municipaux de Kloto 1, 2 et 3 se sont réunis le 23 juin 2026 à Agomé Kpodzi pour un déjeuner de plaidoyer. Objectif : bâtir une alliance solide afin d’intégrer pleinement les enjeux de santé sexuelle et reproductive des jeunes filles au cœur de l’action locale.
Soutenu financièrement par Speak Up Africa à travers l’initiative Voix Essentielles, et mis en œuvre en partenariat avec la COFET (Coordination des Organisations Féminines du Togo), ce projet baptisé « Dignité pour les filles » franchit désormais une nouvelle étape en associant directement les décideurs locaux. Il vise à transformer les conditions de scolarisation des filles en milieu rural togolais, en mettant l’accent sur la santé sexuelle et reproductive (SSR) et une hygiène menstruelle digne.
Cette rencontre a regroupé les maires (qui se sont faits représentés), les conseillers municipaux, et les responsables des commissions permanentes Femme et Jeune Fille des trois communes.
Intégrer le genre dans les plans de développement communaux
L’implication des municipalités s’avère indispensable pour pérenniser les actions sur le terrain. Comme l’explique Mme Akoko Barrigah, Coordinatrice de l’ONG FDD, les communes constituent des entités de proximité clés pour améliorer l’environnement sanitaire des écoles.
Cependant, le renouvellement récent des conseils municipaux a nécessité une démarche de réengagement :« L’année dernière, nous avions signé un engagement avec les maires, mais la plupart des conseils municipaux ont changé depuis. Il était donc essentiel de revenir cette année pour présenter nos réalisations et obtenir l’appui des nouvelles équipes », a souligné Mme Barrigah.
L’ambition suprême de ce plaidoyer est d’intégrer l’ONG au sein des Commissions Permanentes Femmes et Jeunes Filles (ou commissions sociales/genre) des trois communes en tant qu’observateur. Cette passerelle permettra à FDD de formuler des propositions concrètes afin que les problématiques liées aux femmes et aux jeunes filles soient systématiquement prises en compte dans les plans de développement communaux.
Des infrastructures scolaires adaptées pour éviter le décrochage
Sur le terrain, le projet a déjà fait ses preuves en étant piloté dans cinq établissements scolaires de la préfecture. Mme Avossey Clémentine Akofa, Présidente de l’ONG Femme De Demain, a rappelé les enjeux critiques de cette initiative, notamment la séparation physique des blocs sanitaires.
« Le projet consiste à diviser strictement les toilettes des filles et des garçons. L’absence de séparation expose les filles à des risques d’agressions, de viols, et par extension à des grossesses précoces pouvant mener à l’abandon scolaire. De plus, la promiscuité engendre des moqueries de la part des garçons, ce qui nuit gravement à la dignité des jeunes filles », a-t-elle souligné.
Un autre volet majeur concerne la gestion de l’hygiène menstruelle. Trop souvent mal informées, de nombreuses élèves désertent les cours dès l’apparition de leurs règles par crainte d’être stigmatisées en cas de vêtements tachés. L’ONG préconise ainsi l’installation de points focaux dans les écoles et la mise à disposition de kits d’hygiène au sein des toilettes pour permettre aux filles de vivre leur cycle menstruel sereinement et de poursuivre leur scolarité sans interruption.
Un pacte de collaboration et des engagements réciproques
Pour formaliser cette alliance, le déjeuner-débat, modéré par M. Léopold Koku-Honsou, consultant en développement des ressources humaines et organisation d’entreprise, a permis de définir les responsabilités de chaque partie prenante :
Pour l’ONG Femme De Demain : L’apport de son expertise technique, sa parfaite connaissance du terrain et le déploiement de ses rapports de programmation.
Pour les Communes (Kloto 1, 2 et 3) : L’ouverture de leurs portes aux initiatives de l’ONG, la mobilisation de ressources financières et humaines pour co-porter les projets, ainsi que la mise en place d’un cadre de travail régulier marqué par des réunions périodiques.
Les représentants et responsables des trois communes de la préfecture de Kloto ont chaleureusement salué cette démarche constructive. Ils ont officiellement pris l’engagement d’accompagner l’ONG FDD et ses partenaires afin de garantir le succès de ce projet, réaffirmant que la santé de reproduction et l’émancipation des jeunes filles doivent devenir des leviers prioritaires du développement local.
Mis en oeuvre dans cinq établissements scolaires de la préfecture de Kloto (Le lycée 30 Août, Yokélé, Zomayi, Nyivémé et Lavié), ce projet cible directement 90 filles scolarisées, 15 encadrants, 20 autorités éducatives et locales, et 21 leaders communautaires, touchant indirectement des centaines d’autres bénéficiaires.
La rédaction
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